4.10 Flûte, hautbois, clarinette, basson, cor, violon, alto, violoncelle & contrebasse

Employée pour la première fois par Louis Spohr, cette formation fut reprise notamment par Louise Farrenc et George Onslow, dont les œuvres sont analysées par De Alvaré  [4]. Au cours du xxE siècle, la littérature pour cette formation s’agrandit considérablement, notamment d’œuvres de compositeurs tchèques, écrites à l’intention du Nonuor tchèque (Ceské noneto). Vu leur nombre très élevé, on en présentera seulement une sélection dans cet ouvrage.

Angerer, Paul

Cogitatio

   1927 – 2017

Composition

1964

Durée

29:00

Maison d’édition

Doblinger Musikverlag

YouTube

néant

Discographie

néant

Pour quelques éléments biographiques sur le compositeur, voir l’article consacré à son octuor à la page 40. Contrairement à celui-ci, son nonuor Cogitatio a été publié, par Doblinger Musikverlag, mais il n’en existe aucun enregistrement ou séquence YouTube.

David, Thomas Christian

Konzert für neun Soloinstrumente

   1925 – 2006

Composition

1961

Durée

21:00

Maison d’édition

Doblinger Musikverlag

YouTube

néant

Discographie

néant

Né en 1925 à Wels, fils du compositeur Johann Nepomuk David, sa famille s’installe à Leipzig en 1934. Il y étudie d’abord à l’école Saint-Thomas, puis la flûte, le piano et la composition au conservatoire. En 1944, David est fait prisonnier de guerre. Après la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Autriche, termine ses études et débute sa carrière professionnelle au Mozarteum de Salzbourg. En 1948, il s’installe à Stuttgart. Il étudie la musicologie à Tübingen, ainsi que la direction d’orchestre et la direction de chœur. En 1958, David commence à enseigner à l’université de musique et des arts du spectacle de Vienne, poste qu’il occupera presque sans interruption jusqu’à sa retraite en 1988. En 1967, il épouse une cantatrice persane, Mansooreh Ghasri, et ils vont s’établir en Iran, où il enseigne à la faculté de musique de l’université de Téhéran dont il fut un des fondateurs, et dirige l’Orchestre NITV de la télévision iranienne, dont il fut le fondateur et le chef principal. Il dirigea, entre autres, l’Orchestre symphonique de Berlin, le Chœur de chambre de l’Académie de Vienne et il fut également directeur artistique des opéras de Téhéran et du Caire.

« À mon avis, la musique doit être une revitalisation de l’esprit et des sens. Il faut combler le fossé entre l’auditeur et l’auteur, car sans auditeurs, la musique serait comme une graine tombée sur la terre sèche. [. . .] La triade s’applique : la musique doit signifier quelque chose pour l’auditeur, elle doit oVrir à l’interprète une tâche appropriée, et le maître doit ressentir une stimulation ou un plaisir à l’observer ou à l’écouter  [67]. »

Feld, Jindřich

Suite de chambre

   1925 – 2007

Composition

1961

Durée

14:30

Maison d’édition

Alphonse Leduc

YouTube

néant

Discographie

Czech nonet; Supraphon VT 2243-2 (1990)

Né dans une famille de musiciens, son père étant un professeur de violon bien connu au conservatoire de Prague et sa mère également violoniste, Jindřich Feld commença par étudier le violon et l’alto avec son père. Il s’initia très tôt à la composition au conservatoire de Prague puis à l’Académie de musique, dont il fut diplômé en 1952. Cette même année, il obtint un doctorat en musicologie de l’université Charles de Prague. Il enseigna ensuite au conservatoire de Prague où il fut professeur de composition de 1972 à 1986. Il fut également professeur invité de composition à l’université d’Adelaide en 1968 – 1969, ainsi que dans de nombreuses universités aux États-Unis, en Europe et au Japon. Initialement proche de Martinů, puis de l’école française de Debussy à Messiaen, il laisse une œuvre abondante (plus de 200 œuvres) dans tous les genres musicaux. On relève en particulier son œuvre de musique de chambre, dont 6 quatuors à cordes et des sonates pour de multiples instruments, ainsi qu’un ensemble de concertos pour de multiples instruments également, dont notamment un concerto pour flûte commandé par Jean-Pierre Rampal. Sa suite de chambre fut commandée et créée par le Nonuor tchèque  [68].

Foerster, Josef Bohuslav

Nonuor : variations sur deux thèmes op. 147

   1859 – 1951

Composition

1931

Durée

21:00

Maison d’édition

Hudební Matice, disponible sur https://imslp.org/wiki/Nonet%2C_Op.147_(Foerster%2C_Josef_Bohuslav)

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=BidQynDNRIA&list=RDBidQynDNRIA&start_radio=1

Discographie

Stuttgart Nonet; SWR Digital SWR10139 (2014)

Fils du compositeur Josef Foerster qui enseignait au Conservatoire de Prague, c’est naturellement dans ce Conservatoire qu’il reçut sa formation musicale. Il commença sa carrière comme enseignant mais se tourna vers la critique musicale dès 1884. Après son mariage avec la soprano Berta Lautererová, il s’installa à Hambourg où il fut engagé comme enseignant au Conservatoire en 1901. En 1903, il suivit son épouse à Vienne où elle avait été engagée au Hofoper. Après la Grande Guerre, il retourna à Prague et enseigna au Conservatoire et à l’Université. Auteur d’une œuvre abondante, sa musique très subjective et personnelle ne s’inscrit pas dans la mouvance nationaliste de la fin du xixE siècle en ce sens qu’elle n’est pas basée sur la musique populaire tchèque. Il composa plusieurs opéras, cinq symphonies et d’autres œuvres orchestrales et concertantes, de la musique sacrée, ainsi qu’un corpus important de musique de chambre  [69]. Son nonuor, écrit pour et créé par le Nonuor tchèque est en huit brefs mouvements, comme des esquisses théatrales. La musique, résolument tonale intègre néanmoins des harmonies du xxE siècle.

Hába, Alois

Nonuor nO 1 op. 40

   1893 – 1973

Composition

1931

Durée

9:40

Maison d’édition

Státní hudební vydavatelství

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=SL5RRYylvD0&list=RDSL5RRYylvD0&start_radio=1

Discographie

Czech Nonet; Supraphon SU 0018-2 111 (1995)

Né en Moravie, Alois Hába, d’abord instituteur, entreprend d’étudier la composition au conservatoire de Prague avec Vítězslav Novák puis se perfectionne auprès de Franz Schreker à Vienne et de Busoni à Berlin. Ce dernier attire son attention sur le dodécaphonisme, parallèlement à ses travaux sur les micro-intervalles, auquel il s’est intéressé à partir des chants populaires de sa région natale. Compositeur prolifique (une centaine de numéros d’opus), la plus grosse partie de sa production est de la musique de chambre (15 quatuors à cordes, 4 nonuors, . . .).

Son premier nonuor, dédié au Nonuor tchèque, est écrit dans le système dodcécaphonique. « En un seul mouvement, il enchaîne quatre épisodes indiqués Allegro agitato, Allegro scherzando, Andante cantabile et Allegro vivace. [. . .] Les Allegros extrêmes sont pleins d’une énergie « hidemithienne », l’Allegro scherzando se souvient de Reicha comme de Schubert. [. . .] Il n’est que l’Andante cantabile pour laisser s’exprimer un lyrisme simple et direct issu des chansons populaires de Valachie  [70]. »

Hába, Alois

Nonuor nO 2 op. 41

   1893 – 1973

Composition

1932

Durée

12:30

Maison d’édition

inconnue

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=n_kzX4DDTok&list=RDn_kzX4DDTok&start_radio=1

Discographie

Czech Nonet; Supraphon SU 0018-2 111 (1995)

Ebony band, Werner Herbers; Channel classics CCS34813 (2013)

« Le nonuor nO 2, également écrit pour le Nonuor tchèque, est construit sur le même schéma, sans posséder la même alacrité virtuose; il est donc resté dans l’ombre de l’op. 40. Sa structure homophone en un seul mouvement et l’usage, non plus de douze notes comme dans l’op. 40, mais de sept, le rend encore plus expérimental pour l’oreille. Il marque la fin de la première période « révolutionnaire » de Hába, et reste sa seule partition heptatonique  [70]. »

Hába, Alois

Nonuor nO 3 op. 82

   1893 – 1973

Composition

1953

Durée

22:00

Maison d’édition

Státní nakladatelství krásné literatury hudby a umění

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=PIPbIHlqmVg&list=RDPIPbIHlqmVg&start_radio=1

Discographie

Czech Nonet; Supraphon SU 0018-2 111 (1995)

« Ce nonuor, également dédié au Nonuor tchèque, appartient à la seconde phase créatrice du musicien. Écrit en demi-tons, il utilise en plusieurs passages des transcriptions de chansons de Moravie. Il est bâti en quatre mouvements formant un « hymne à la vie ». [. . .] La forme en est libre, la matière athématique. [. . .] Cette partition, aussi libre que lumineuse, paraîtra désuète par son absence de tensions expressionnistes. Elle doit, en fait, sa variété à l’harmonie et à la coloration des cordes par les bois. Ainsi, l’allegro scherzando retrouve-t-il, par instants, quelques souvenirs du Scherzo de l’octuor de Schubert  [70]. »

Hába, Alois

Nonuor nO 4 op. 97

   1893 – 1973

Composition

1963 – 1964, révisé en 1970 – 1971

Durée

12:15

Maison d’édition

Editio Supraphon

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=3y-h9XJW1Ug&list=RD3y-h9XJW1Ug&start_radio=1

Discographie

Czech Nonet; Supraphon VT13372 (2021)

Czech Nonet; Supraphon SU 0018-2 111 (1995)

« Ce quatrième nonuor ne forme plus une œuvre de démonstration d’un système d’écriture expérimentale. Il est écrit en demi-tons, et retrouve la structure tripartite pré-classique. Par contre, le principe de non-répétition se maintient.

Les trois mouvements sont : Allegro moderato, Andante cantabile, Allegro animato. Les mouvements extrêmes se révèlent virtuoses et d’une pureté d’écriture presque académique. L’Andante central est le plus original, avec sa complexité polyphonique peu ordinaire, partant d’un matériau qui exclut toute répétition  [70]. »

Karel, Rudolf

Nonuor

   1880 – 1945

Composition

1945

Durée

20:30

Maison d’édition

Carus-Verlag

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=ybkAL05yqeU&list=RDybkAL05yqeU&index=1

Discographie

Academia Wind Quintet & Panocha Quartet; Supraphon SU 3339-2 (1997)

Fils d’un employé des chemins de fer, Rudolf Karel étudia d’abord le droit à l’Université Charles de Prague, puis la composition au Conservatoire de Prague de 1899 à 1904 avec Antonín Dvořák, dont il fut un des derniers élèves. Quand la Grande Guerre éclata, il fut arrêté alors qu’il se trouvait en Russie mais réussit à s’échapper et rejoignit la Légion tchécoslovaque. De retour au pays, il devint professeur de composition à son ancien conservatoire et commença une série d’œuvres audacieuses, quelque peu austères, polyphoniques et régériennes, qui s’adoucirent ensuite vers un style plus simplifié. Engagé dans la résistance au cours de la Seconde Guerre, il fut arrêté en 1943, emprisonné à la prison Pankrác puis déporté au camp de concentration de Theresienstadt où il mourut de dysenterie en mars 1945.

Son œuvre comprend 42 numéros d’opus, dont 3 opéras, 4 symphonies et de la musique de chambre. « Son nonuor fut composé en janvier-février 1945 et resta inachevé à sa mort. František Hertl acheva l’instrumentation du nonuor pour une création le 21 décembre 1945. Bien des années plus tard, Václav Snítil acheva une nouvelle orchestration, en 1984, pour une interprétation par le Nonuor tchèque en 1985.

L’œuvre elle-même ne laisse transparaître que peu de traces évidentes de son terrible passé compositionnel et on ne peut que s’émerveiller du courage du compositeur de soixante-cinq ans. Karel intègre les quintettes à cordes et à vent avec une habileté maîtrisée; comme par magie, il laisse le violon percer l’instrumentation dans l’Andante, dans une réflexion passionnée teintée de regrets. Dans le premier mouvement, il joue avec brio d’une écriture touchante pour cordes alternant avec des passages exposés pour cor et clarinette. Le troisième mouvement débute comme une danse tchèque, menée par les voix aiguës, le cor et le basson soutenant la texture. Une réminiscence du premier mouvement mène à une conclusion plutôt saccadée, mais néanmoins appropriée  [71]. »

Kubizek, Augustin

Sinfonia da camera op. 26b

   1918 – 2009

Composition

1964

Durée

20:00

Maison d’édition

Doblinger Musikverlag

YouTube

néant

Discographie

néant

Fils du musicien August Kubizek, Augustin Kubizek fit d’abord des études d’instituteur à Linz. Il reçut sa formation musicale au conservatoire de Linz puis à la Hochschule für Musik de Vienne où il suivit les cours de composition d’Alfred Uhl. Il compléta sa formation en suivant des cours auprès de Paul Hindemith, Johann Nepomuk David et Herbert von Karajan. Il débuta sa carrière comme enseignant dans des écoles primaires et secondaires. À partir de 1956, il a enseigné à l’académie de musique de Vienne, y devenant professeur associé en 1973, puis professeur titulaire de composition de 1978 jusqu’à sa retraite en 1985. Dans son œuvre de compositeur qui lui valut plusieurs prix, on peut épingler ses compositions de musique sacrée  [72].

Leitermeyer, Fritz

Drei studien für Nonett op. 90

   1925 – 2006

Composition

1990

Durée

14:00

Maison d’édition

Doblinger Musikverlagg

YouTube

néant

Discographie

néant

Pour quelques éléments biographiques concernant ce compositeur, voir l’article consacré à son octuor à la page 45. Malheureusement, il n’existe aucun enregistrement ni séquence YouTube de son nonuor non plus.

Martinů, Bohuslav

Nonuor nO 2 H.374

   1890 – 1959

Composition

1959

Durée

16:00

Maison d’édition

Státní Nakladatelství

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=_dVP-ZloQbU&list=RD_dVP-ZloQbU&start_radio=1

Discographie

Ensemble Oxalys; Passacaille PAS1103 (2021)

(sélection)

Czech Nonet; Supraphon E3659 (2013)

Sinfonia Lahti chamber ensemble; BIS BISCD653 (1995)

Kammerensemble de Paris; VDE-Gallo GALLO CD-0729 (2010)

Pour quelques éléments biographiques sur le compositeur, voir la section 1.4. Écrit à la toute fin de sa vie pour le trente-cinquième anniversaire du Nonuor tchèque, ce deuxième nonuor constitue le testament de musique de chambre de Martinů. « Le sentiment le plus profond et la sagesse lucide de l’expérience de toute une vie se dissimulent ici sous la grâce d’un divertissement et la souriante pudeur de l’expression. [. . .] On ne saurait placer cette œuvre assez haut.

Le Poco allegro initial évoque, avec une force d’impact direct quasi smetanienne l’image d’une joyeuse fanfare villageoise jouant une vigoureuse marche. L’Andante est bouleversant au sens le plus fort du terme. [. . .] Enfin, la danse finale (Allegretto) s’approche à petits pas, d’abord presque en hésitant, avec un joyeux solo de violon. [. . .] Ce morceau aux rythmes variés et subtils se termine par un hymne, ample et ensoleillé, aux « prairies et forêts de Polička »  [8]. »

Pauer, Jiří

Divertimento

   1919 – 2007

Composition

1961

Durée

16:30

Maison d’édition

Státní hudební vydavatelství

YouTube

néant

Discographie

Czech Nonet; Supraphon VT0522-2 (2018)

Jiří Pauer est né dans une famille de mineurs et son parcours vers la carrière de compositeur et de musicien fut plutôt semé d’embûches. Il débuta comme professeur de musique (à la fin des années 1930) et étudia d’abord la composition en privé avec Otakar Šín, alors professeur de solfège. Il poursuivit ensuite ses études de composition avec Alois Haba (1943-1946) au Conservatoire de Prague. À partir de 1946, il étudia la composition avec Pavel Borkovec à la toute nouvelle Académie des arts du spectacle et de musique de Prague. Il termina ses études avec le Concerto pour basson et orchestre (1949), qui connut un grand succès dès ses débuts  [73]. Il a composé abondamment : opéra, musique symphonique, concertos pour instruments à vent (basson, cor, hautbois, trompette), musique de chambre, et pièces pour piano. Lors de la révolution de velours en 1989, il fut démis de ses fonctions au Théâtre national de Prague en raison de son soutien au gouvernement pendant la période communiste. Son Divertimento pour nonuor se compose de trois mouvements : Allegro risoluto, Andante et Allegro vivo. Les deux Allegros sont vifs et rythmiques. L’Andante débute sur une mélodie exposée à la flûte, prolongée ensuite par la clarinette, le hautbois et finalement les cordes. Après un intermède plus vif et inquiétant, on retrouve l’atmosphère sereine du début du mouvement.

Pauer, Jiří

Nonuor nO 2

   1919 – 2007

Composition

1988

Durée

16:20

Maison d’édition

inconnue

YouTube

néant

Discographie

Czech nonet; Supraphon VT 2243-2 (1990)

Le deuxième nonuor de Jiří Pauer débute par un Allegro scherzando dans lequel, sur fond d’ostinato rythmique, dialoguent cordes et vents, la mélodie étant présentée tantôt au violon, au hautbois et à la flûte. L’Andante semplice qui suit, très calme, débute par une mélodie à la clarinette, reprise ensuite au violon ponctuée d’interventions de la flûte. C’est ensuite le hautbois, puis la clarinette qui la reprend avant de céder la parole au basson. Après un moment de tension, la musique s’apaise à la fin du mouvement. La pièce se conclut par un Allegro risoluto dans lequel alternent passages lyriques aux divers instruments et passages rythmiques.

Poulenc, Francis

Trois mouvements perpétuels

   1899 – 1963

Composition

1918, 1925

Durée

6:30

Maison d’édition

Masters Music Publications Inc.

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=sL_I3b24muI&list=RDsL_I3b24muI&start_radio=1

Discographie

aucune de l’arrangement pour nonuor

« Né à Paris dans une famille où l’on aimait et pratiquait la musique, Francis Poulenc commence à étudier le piano dès l’âge de cinq ans. Parallèlement à ses études secondaires, il se perfectionne au piano avec Ricardo Viñes. C’est chez R. Viñes qu’il rencontre Erik Satie, dont il subit fortement l’influence. En 1917, il connaît son premier succès avec la création de sa Rhapsodie nègre. Em 1919, il adhère au Groupe des Six. Pour combler des lacunes techniques, il étudie la composition avec Charles Koechlin de 1921 à 1925. Il connaît un nouveau succès en 1924 avec son ballet Les Biches. Son œuvre abondante (près de deux cents numéros d’opus) aborde la plupart des genres musicaux (musique d’orchestre, concertante, opéra, musique pour piano, musique de chambre, musique vocale et musique sacrée). Sa musique, de caractère très français, est tour à tour gracieuse, naturelle, légère, grave et subtile  [74]. »

Écrits initialement pour piano en 1918, les trois mouvemens perpétuels ont été orchestrés par Poulenc en 1925. En 2005, Clark McAlister a tiré de cette version orchestrale un arrangement pour nonuor. L’œuvre se compose de trois pièces brèves : La première, Balancé, modéré, déploie un halo sonore, sans cesse rythmé d’une basse sans nuance. Le deuxième, Modéré, s’ouvre sur un motif indiVérent, qui laisse rapidement la place à un thème très chanté, puis se conclut sur un ironique glissando. La troisième, Alerte, s’appuie sur une rythmique en mutation constante. Elle multiplie les allusions à la musique de Satie.

Rheinberger, Josef

Nonuor

   1839 – 1901

Composition

1884

Durée

35:00

Maison d’édition

Fr. Kistner, disponible sur https://imslp.org/wiki/Nonet%2C_Op.139_(Rheinberger%2C_Josef_Gabriel)

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=un7EdVTHN3U&list=RDun7EdVTHN3U&start_radio=1

Discographie

Zoltán Győngyőssy et al.; Hungaroton HCD32221 (2006)

Stuttgart Nonet; SWR Digital SWR10140 (2014)

Consortium classicum; MDG MDG3011453 (2007)

Très précoce, Josef Rheinberger tient l’orgue de sa ville natale Vaduz (Liechtenstein) dès l’âge de sept ans. À douze ans, il entre au conservatoire de Munich, où il surpasse bientôt ses camarades d’études, en produisant de nombreuses œuvres. À dix-neuf ans, on lui confie un poste d’enseignement du piano, puis plus tard de l’orgue et de la composition, qu’il conserve jusqu’à la fin de sa vie. En 1877, il est nommé maître de chapelle de la cour du roi de Bavière. Auteur de nombreuses compositions, de musique d’orgue et de musique sacrée en particulier, il est également renommé comme professeur de composition, et forme des élèves tels que E. Humperdinck, E. Wolff-Ferrari et plusieurs jeunes compositeurs états-uniens. Son répertoire de près de deux cents œuvres contient également des lieder, de la musique symphonique et concertante, des opéras et de la musique de chambre, dont ce nonuor  [75].

« Les premières mesures du premier mouvement, Allegro, présentent le thème principal qui, avec l’intervention des vents quelques mesures plus tard, prend une sonorité très beethovénienne. Le magnifique deuxième thème, présenté d’abord par le hautbois, est très séduisant. Le deuxième mouvement, Minuetto, Andantino, est une version modernisée d’un menuet roccoco. La section trio présente un matériau mélodique attrayant ainsi qu’un pont en pizzicato très astucieux. Le troisième mouvement, Adagio molto, est clairement le centre de gravité du nonuor. Le thème principal, attrayant, est vaste et paisible. Le deuxième thème, fascinant et magnifique, s’inspire du Schubert tardif. Le Finale, Allegro, regorge de mélodies entraînantes. Le thème d’ouverture débute à la manière mendelssohnienne avec plusieurs doubles croches ascendantes et descendantes. Plusieurs appels de cor cérémonieux interrompent le flux musical avant qu’une mélodie fraîche et quelque peu sinistre, confiée d’abord au basson, puis au violoncelle, ne fasse son apparition. Mais Rheinberger revient rapidement à une ambiance joyeuse avec un troisième thème vibrant  [76]. »

Rota, Nino

Nonuor

   1911 – 1979

Composition

1959, révisé en 1974 et 1979

Durée

29:00

Maison d’édition

Ricordi (uniquement en location)

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=Obb4BZA85Yk&list=RDObb4BZA85Yk&start_radio=1

Discographie

Ensemble Oxalys; Passacaille PAS1103 (2021)

Daishin Kashimoto et al.; Alpha ALPHA746 (2032)

Né à Milan dans une famille de musiciens, Nino Rota commence très jeune à étudier la musique au conservatoire de Milan. Il acquiert une certaine renommée, en tant que compositeur et chef d’orchestre dès son enfance. En 1929, il intègre le conservatoire Sainte-Cécile à Rome, où il étudie avec Alfredo Casella avant de poursuivre ses études au Curtis Institute à Philadelphie de 1930 à 1932. De retour à Milan, il étudie la littérature à l’université de Milan. En 1937, il entame une carrière d’enseignant qu’il mène de front avec son activité de compositeur, qui le conduit à prendre la direction du conservatoire de Bari en 1950 jusqu’à sa mort en 1979. Mais c’est son activité comme compositeur de musique de film, commencée dès 1933 qui lui valut la célébrité. Il fut notamment le compositeur attitré de la musique des films de Federico Fellini et composa les musiques du Guépard de L. Visconti et de la trilogie du Parrain de F. F. Coppola. Mais il laisse aussi une œuvre importante de musique « sérieuse », dont dix opéras, cinq ballets, quatre symphonies, des concertos pour divers instruments, de la musique de chambre et de la musique pour piano.

« Le Nonetto, auquel il travailla pendant 20 ans, de 1959 à 1979, est constitué de cinq mouvements pleins de vivacité, d’esprit et de vitalité :

  1. Allegro calmo

  2. Andante

  3. Allegro con spirito

  4. Canzone con Variazioni – Allegretto calmo

  5. Vivacissimo

On en a souvent souligné la qualité des mélodies qui mettent en évidence les instruments solistes et leurs capacités rythmiques. Avec un côté décontracté, joyeux et parfois ironique qui ne néglige pas les élans lyriques ou nostalgiques, cette partition est un petit bijou chambriste plein de séduction  [77]. »

Scholz, Bernhard

Nonuor

   1835 – 1916

Composition

1890

Durée

inconnue

Maison d’édition

manuscrit disponible sur https://imslp.org/wiki/Nonet_(Scholz%2C_Bernhard)

YouTube

néant

Discographie

néant

Né à Mayence, Bernhard Scholz est destiné à reprendre l’imprimerie familiale et va dans ce but apprendre le métier d’imprimeur dans une imprimerie parisienne. De retour à Mayence, il prend des cours de piano auprès d’Ernst Pauer, puis des cours de contrepoint à Berlin en 1855 – 1856. Il étudie également le chant pendant un an à Milan. Dès 1856, il enseigne le contrepoint au conservatoire de Munich, puis occupe plusieurs postes de maître de chapelle. De 1871 à 1883, il dirige la société de l’orchestre de Breslau, puis est nommé directeur du conservatoire de Francfort-sur-le-Main où il succède à Joachim Raff. Bernhard Scholz faisait partie du cercle de Brahms, Joseph Joachim et Clara Schumann et était parmi les signataires du Manifeste de 1860 contre la nouvelle musique allemande. Il a composé plusieurs opéras, deux symphonies, deux œuvres concertantes pour piano, de la musique pour piano, des lieder et de la musique de chambre  [78]. Selon Alan Howe, animateur du site Unsung composers, les symphonies de Scholz, de même que celles de Thieriot, méritent de paraître sur disque. Pour l’instant, il n’existe qu’un enregistrement de ses œuvres concertantes pour piano. Son nonuor mérite donc sans doute d’être publié et découvert.

Trojan, Václav

Nonetto favoloso

   1907 – 1983

Composition

1979

16 :20

Maison d’édition

Bärenreiter Praha

YouTube

extraits des disques ci-dessous disponibles

Discographie

Czech Nonet; Campion Records RRCD1315 (2007)

Czech Nonet; Supraphon E2647 (2013)

Né à Plzeň (Pilsen), il étudia la composition au conservatoire de Prague de 1923 à 1927 puis se perfectionna en suivant des masterclasses avec Alois Hába, Josef Suk et Vítězslav Novák. Pendant plusieurs années, il travailla comme musicien indépendant, notammment comme arrangeur de jazz et de musique de danse. Il fut ensuite directeur musical de la radio de Prague et commença à composer pour le théâtre et pour le cinéma. Il collabora étroitement avec le réalisateur de films de poupées animées Jiří Trnka, ce qui lui valut une renommée internationale et de nombreux prix.

En 1970, il revint à la musique instrumentale dans un style néo-classique tirant son inspiration de la musique populaire tchèque. Souvent, le matériau pour ses œuvres provenait de sa musique de film. C’est le cas pour ce Nonetto favoloso écrit pour le Nonuor tchéque, dont la musique est tirée de celle du film « Le vaillant chevalier Bajaja ». Il est composé de 6 brefs mouvements, avec chacun un sous-titre programmatique accompagnant l’indication de tempo. Le premier mouvement Sostenuto, quasi una ballata intitulé « Le royaume lugubre » présente une ambiance sombre dans laquelle il ne se passe presque rien. S’ensuit un Allegretto grazioso « Bajaja vient à la rescousse de la princesse », très court. Des trilles des vents créent une ambiance de chevalerie médiévale. « Le château royal », Lento, avec les cordes en pizzicato, suggère un palais eVrayant ou hanté. « Les invités sont bienvenus » (Largetto maestoso) est un morceau néo-baroque qui fait penser à Händel. « Je chante pour toi, belle princesse », sans indication de tempo, est un bref interlude avec un solo de basson plutôt triste. Le nonuor s’achève avec « Le combat de Bajaja avec le dragon et son sauvetage de la princesse ». Le mouvement s’ouvre sur des trémolos de cordes sur lesquels intervient un thème inquiétant d’abord à la contrebasse puis celle-ci accompagnée du basson, suggérant la présence du dragon. La tension monte avec des passages chromatiques montants dans les vents puis s’apaise. Le dernier tiers du mouvement, en contraste saisissant avec ce qui précède est une paisible mélodie d’allure arientale accompagnée de percussions d’archet dont le rythme évoque la caisse claire du Boléro de Ravel, qui conduit à une coda où la musique disparaît doucement. En résumé, il s’agit d’une œuvre moderne plaisante et accessible, qui peut être jouée par des amateurs sans diYculté  [60].

Waterhouse, Graham

Nonuor op. 30

   1962 –

Composition

1991

Durée

13:00

Maison d’édition

Schott

YouTube

néant

Discographie

néant

Fils du bassoniste réputé et musicologue William Waterhouse et de la pianiste et professeur de musique Elisabeth Waterhouse, Graham étudia la composition à l’Université de Cambridge, notamment avec Robin Holloway et le violoncelle à la Folkwang Hoschule et à la Hochschule für Musik Köln. Auteur de plusieurs pièces solistes pour son instrument, il a en outre composé principalement des œuvres de musique de chambre dans certaines desquelles il met en valeur divers instruments. Ses compositions ont reçu de nombreux prix  [79].

« Les premières esquisses du nonuor op. 30 furent faites durant l’été 1991 dans le golfe de Lerici (Italie du Nord) qui empreint l’atmosphère de l’œuvre de son calme idyllique et des souvenirs de Percy Bysshe Shelley et Lord Byron qui vécurent tous deux là pendant un certain temps. L’œuvre comprend un mouvement dont les diVérentes subdivisions sont annoncées par un motif d’introduction au cor. Le nonuor fut achevé en octobre 1991 et créé le même mois à Zug en Suisse  [80]. »