Comme on l’a mentionné dans la préface, cette formation adoptée par Schubert pour son octuor op.
166 est la formation la plus répandue pour les octuors pour cordes et vents. Wilcox [22] mentionne
l’existence de plus de 90 œuvres pour cette formation, dont la plupart n’existent toutefois que sous la
forme de manuscrits. J’en ai identifié une vingtaine pour la période qui nous intéresse dans ce
mémoire.
| Angerer, Paul |
| Octuor |
| 1927 – 2017 |
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| Composition | 1951 |
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| Durée | 15:00 |
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| Maison d’édition | non publié |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Altiste, chef d’orchestre et compositeur, Paul Angerer laisse une œuvre abondante [23] dont le
style est influencé par celui de Paul Hindemith, mais encore largement non publiée, ce qui est
malheureusement le cas de cet octuor.
| Badings, Henk |
| Octuor |
| 1907 – 1987 |
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| Composition | 1952 |
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| Durée | 25:00 |
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| Maison d’édition | Donemus |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=23Gy1xqy8dE&list=RD23Gy1xqy8dE&start_radio=1, 1ER mouvement |
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| Discographie | Wiener Oktett; Decca 4842696 (2024) |
« Fils d’un oYcier de l’armée des Indes orientales, Henk Badings est né à Bandung (Java). Devenu orphelin très jeune, il rentre aux Pays-Bas avec sa famille, qui tente de le dissuader d’étudier la musique et il s’inscrit à l’université technique de Delft. Après ses études, il travaille comme ingénieur des mines et paléontologue jusqu’en 1937, après quoi il se consacre entièrement à la musique. Largement autodidacte, il reçut néanmoins quelques conseils de Willem Pijper, alors doyen des compositeurs néerlandais. Mais il rompit avec lui après que ce dernier eut tenté de le décourager de composer. Outre son travail de compositeur, il a occupé plusieurs postes d’enseignement.
Bien qu’innovateur, son style se caractérise par un penchant pour les caractéristiques classiques : la mélodie, l’harmonie et le rythme restent reconnaissables et constituent des forces directrices. [. . .] Badings utilisait des gammes et des harmonies musicales inhabituelles (par exemple, la gamme octatonique).
L’œuvre de Badings s’étend de l’opéra à la musique électronique, de la musique de film à 14 symphonies, des pièces pour orchestre à vent et pour ensembles de chambre. Il reçut des commandes prestigieuses, notamment pour le centième anniversaire de l’Orchestre philharmonique de Vienne et le soixantième anniversaire de l’Orchestre du Concertgebouw. À sa mort, il avait composé plus d’un millier d’œuvres [24]. »
« Badings a composé son octuor en 1952, et cette œuvre ne comporte aucun élément électronique
ou microtonal. Sa structure est particulièrement intéressante. Le premier mouvement est de forme
sonate, où cordes et vents se répondent souvent. Le deuxième mouvement est un scherzo à 15/8, avec
une magnifique partie de cors. Le dernier mouvement est un thème avec 14 variations :
chaque instrument a l’occasion de briller, la dernière variation étant une fugue. L’œuvre
demande un peu de travail pour être mise en place, mais elle est entièrement accessible aux
amateurs avertis, et le plaisir de la jouer en vaut largement la peine, à mon avis [25]. »
| Benary, Peter |
| Octuor |
| 1931 – 2015 |
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| Composition | 1970-1971 |
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| Durée | 15:00 |
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| Maison d’édition | Karl Heinrich Möseler Verlag |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Peter Benary a étudié la composition à la Hochschule für Musik de Weimar ainsi que la
musicologie et la littérature allemande à l’université d’Iéna, où il a obtenu son doctorat en musicologie
en 1956. Peu après, il fuit la RDA pour des raisons politiques et s’établit en Suisse où il travaille
comme enseignant, d’abord à Saint-Gall, puis au conservatoire de Lucerne où il enseigne la
théorie musicale, l’histoire de la musique, l’analyse et la musique de chambre jusque 1998.
Comme musicologue, il est connu notamment pour ses travaux sur Anton Bruckner. Son
œuvre de compositeur comprend de la musique symphonique, un ballet, de la musique de
chambre, de la musique pour piano et pour orgue, ainsi que de la musique chorale. Ses œuvres,
qui ont reçu de nombreux prix, ne se rattachent stylistiquement à aucun genre musical
particulier.
| Bialas, Günter |
| Bucolica |
| 1907 – 1995 |
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| Composition | 1982 |
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| Durée | 22:00 |
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| Maison d’édition | Bärenreiter Verlag |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Natif de Haute-Silésie, Günter Bialas étudie la musicologie, la littérature allemande et l’histoire à
l’université de Breslau de 1927 à 1931 puis entreprend des études musicales à l’académie des arts de
Berlin. Tout en enseignant à l’école des Ursulines de Breslau, il poursuit des études de composition
avec Max Trapp pour préparer l’examen d’admission à l’université des arts de Berlin. Il devient chargé
de cours en théorie musicale et composition à l’institut d’éducation musicale de Breslau en 1939.
Prisonnier de guerre de 1941 à 1945, il est contraint de quitter la Silésie à l’issue de celle-ci et s’établit à
Munich où il fera une brillante carrière d’enseignant à la Hochschule für Musik und Theater. Dans ses
compositions, qui ont reçu de nombreux prix, il cherche à dépasser l’opposition entre musique à
programme et musique pure qui a marqué la musique allemande de la fin du xixE siècle en
réconciliant les deux aspects [26]. D’abord extraverti, son style évolue ensuite vers la
miniature ou plutôt une certaine raréfaction musicale visant à la simplicité la plus extrême.
| Bjelik, Martin |
| Konturen |
| 1940 – 2025 |
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| Composition | 1974 |
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| Durée | 9:00 |
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| Maison d’édition | Doblinger Musikverlagg |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Les seules informations que j’ai trouvées sur ce compositeur et son œuvre sont celles figurant sur
la page qui lui est consacrée dans la banque de données musicale autrichienne [27] et celle sur le site
de son éditeur [28]. « Bjelik compose librement, en accordant une attention particulière à la
concision et à la clarté de la composition, ainsi qu’à la concentration et à l’interrelation des
thèmes. Les contours mélodiques sont structurés selon le principe de la « récréation ». »
| Blacher, Boris |
| Octuor |
| 1903 – 1975 |
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| Composition | 1965 |
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| Durée | 15:00 |
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| Maison d’édition | Boosey & Hawkes |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=mFtKuPyHbBk&list=RDmFtKuPyHbBk&start_radio=1 |
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| Discographie | Orchester-Akademie der Berliner Pilharmoniker; Thorofon CTH 2206 (1994) |
Dans sa jeunesse, Boris Blacher fit ses études musicales à Tallin, à Irkoutsk et en Chine au
gré des déplacements familiaux. Il étudia également l’architecture et les mathématiques
à la Technische Hoschule de Berlin, la musicologie à l’université et la composition à la
Musikhochschule. En 1938 et 1939, il enseigna la composition au conservatoire de Dresde puis,
après-guerre, à la Musikhochschule de Berlin-Ouest, qu’il dirigea ensuite de 1953 à 1970. Il y fut
notamment le professeur d’Isang Yun. Son langage est polytonal ou parfois dodécaphonique.
Le style qui caractérise la musique de Blacher est la concision et la prédominance du
rythme. Il est l’auteur d’une technique rythmique dénommée « les mètres variables », fondée
sur des séries mathématiques préétablies consistant en changements systématiques de
mesure [29]. Son octuor, en quatre mouvements enchaînés, est assez représentatif de son
style.
| Borris, Siegfried |
| Octuor |
| 1906 – 1987 |
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| Composition | 1960 |
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| Durée | 15:30 |
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| Maison d’édition | Heinrichshofen Verlag |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=CqXNBp-IKu4&list=RDCqXNBp-IKu4&start_radio=1 |
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| Discographie | néant |
Né à Berlin, Siegfried Borris a d’abord étudié l’économie à l’université de Berlin avant
d’entreprendre une thèse en musicologie qu’il soutiendra en 1933, tout en suivant des cours de
composition avec Paul Hindemith à la Berlin Hochschule für Musik (1927 – 1929). Il enseigne ensuite
dans cette même école de 1929 à 1933, quand il est démis de ses fonctions en raison de sa lointaine
origine juive. Après la guerre, il y retrouve un poste de chargé de cours en histoire de la
musique. Il passa le reste de sa carrière à enseigner et à promouvoir la musique nouvelle. Ses
composotions sont dans un style accessible, et marquées par un usage frappant de la musique
folklorique [30].
| Ebenhöh, Horst |
| Octuor |
| 1930 – 2022 |
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| Composition | 1979 |
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| Durée | 23:00 |
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| Maison d’édition | Doblinger Musikverlagg |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Horst Ebenhöh commença l’étude du piano très jeune. Après une interruption de deux ans due à la
guerre, il poursuivit ses études de piano au Conservatoire de Vienne puis à l’académie de musique où il
étudia également la pédagogie musicale. Parallèlement, il étudia la géographie à l’université de
Vienne. Après la fin de ses études, il mena une carrrière d’enseignant de géographie et
de musique dans les lycées, tout en se faisant connaître comme compositeur. Au début
des années 1950, il participa avec des collègues compositeurs aux Semaines culturelles
de la jeunesse à Innsbruck mais il ne suivit pas la tendance à l’expérimentation en vogue
à l’époque. Bien que sa musique contienne beaucoup d’inattendu et de nouveau, il n’a
jamais fondamentalement rompu avec la tradition. « Stylistiquement, je n’appartiens à
aucune école ou mouvement particulier. Bien que j’observe avec grand intérêt les résultats de
l’avant-garde, il n’y a pas de rupture fondamentale avec la tradition dans mes œuvres. Le principe
directeur de la structure formelle est l’accumulation et la libération de la tension, dans
lesquelles la hauteur perd temporairement sa prédominance et le rythme joue un rôle
décisif [31]. »
| Ferguson, Howard |
| Octuor |
| 1908 – 1999 |
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| Composition | 1933 |
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| Durée | 22:00 |
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| Maison d’édition | Boosey & Hawkes |
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| YouTube | |
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| Discographie | Ensemble Acht; THOROFON THR2249.2 (2002) |
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| The Nash ensemble; Hyperion CDA66192 (1990) |
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| Wigmore soloists; BIS BIS2547 (2023) |
Originaire de Belfast, Howard Ferguson est remarqué par le pianiste et pédagogue Harold
Samuel qui l’emmène à Londres pour lui enseigner le piano. En 1924, il intègre le Royal
College of Music où il étudie la composition avec R. O. Morris et Ralph Vaughan Williams.
Composition de jeunesse, son octuor op. 4 eut une histoire mouvementée. Il débuta sous la
forme d’un quintette pour clarinette et cordes, puis évolua en un septuor, auquel stade son
professeur R.O. Morris lui suggéra : « Pourquoi n’ajoutez-vous pas un second violon pour en
terminer avec cette pièce? » [32]. Cette œuvre à la tonalité ambiguë, qui fut la première à
attirer l’attention du public et de la critique, illustre brillamment le talent de Ferguson. Sa
musique, d’un lyrisme assumé s’inscrit dans la tradition du romantisme germanique, avec des
références à Brahms, Schubert et Tchaikovsky. Considérant qu’il avait dit tout ce qu’il avait à
dire, Ferguson arrêta de composer en 1959 pour se consacrer ensuite uniquement à la
musicologie.
| Françaix, Jean |
| À huit (octuor) |
| 1912 – 1997 |
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| Composition | 1972 |
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| Durée | 19:00 |
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| Maison d’édition | Schott |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=jnZF6lbVDR0&list=RDjnZF6lbVDR0&start_radio=1 |
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| Discographie | Ensemble Acht; THOROFON THR2249.2 (2002) |
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| (sélection) | Gaudier Ensemble; Hyperion CDA67036 (1997) |
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| Linos Ensemble; Capriccio C67191 (2007) |
Né dans une famille de musiciens, Jean Françaix reçoit ses premières leçons de musique de son
père, directeur du Conservatoire du Mans. Il y étudie le piano et, dès l’âge de 10 ans, il prend des leçons
de composition en privé auprès de Nadia Boulanger. En 1926, à 14 ans, il entre au Conservatoire de
Paris et y remporte un premier prix de piano en 1930. Il entame alors une fructueuse carrière de
pianiste. Au cours des années 30, il fréquente le milieu artistique parisien et se lie d’amitié
avec Francis Poulenc. Il rencontre Sacha Guitry pour lequel il écrira plusieurs musiques
de film. Auteur de plus de deux cents œuvres, Jean Françaix est resté toute sa vie fidèle à
l’écriture de la musique pour le seul plaisir, à l’instar d’Emmanuel Chabrier et Francis
Poulenc. Comme celui-ci, il a beaucoup écrit pour les instruments à vent. D’une assez grande
diYculté technique, son octuor en quatre mouvements est d’une fraîcheur et d’un charme
incomparables.
| Henze, Hans Werner |
| Quattro fantasie |
| 1926 – 2012 |
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| Composition | 1963 |
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| Durée | 25:00 |
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| Maison d’édition | Schott |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=hTnaILJe_gA&list=RDhTnaILJe_gA&start_radio=1 |
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| Discographie | néant |
Fils d’un instituteur, Hans Werner Henze manifesta très tôt de l’intérêt pour l’art et la
musique. À son adolescence, son père se rendit compte de sa vocation pour la musique. Il
commença ses études musicales à Braunschweig en 1942. Il fut enrôlé en 1944 mais fut assez
rapidement pris par les Britanniques et détenu comme prisonnier de guerre jusqu’à la fin de la
guerre. Il poursuivit ensuite ses études musicales à l’université d’Heidelberg avec Wolfgang
Fortner. En 1947, il participa à l’école d’été de Darmstadt et se convertit au sérialisme.
En 1950, il fut nommé chef de ballet au théâtre d’État de Hesse tout en poursuivant ses
activités de composition. En 1953, en raison de l’homophobie et du climat politque en
Allemagne, il s’établit en Italie, grâce aussi à son éditeur Schott qui lui avait oVert une avance sur
ses droits d’auteur s’il abandonnait ses activités de chef d’orchestre. S’écartant ensuite
du sérialisme, il produisit une œuvre abondante dans tous les genres musicaux (opéras,
musiques de scène et de ballet, musiques de film, musique symphonique et concertante,
musique de chambre, . . .) manifestant des influences très diverses (Stravinsky, musique
italienne, musique arabe, jazz) [33]. « Les « Quattro Fantaisie » pour huit musiciens de Henze
combine trois mouvements de sa précédente « Kammermusik » avec un nouvel Adagio.
Du moins, ils forment deux pièces distinctes : la musique ancienne regorge d’allusions
élégantes et pourtant trop doucereuses au romantisme tardif et aux premiers Schönberg, tandis
que l’Adagio survole librement cette décadence et cette complaisance. Ce dernier est une
musique très émouvante. On est souvent méfiant, voire rebuté, par le chic révolutionnaire et le
radicalisme stylistique de M. Henze, mais des moments comme celui-ci nous rappellent ses dons
originaux [34]. »
| Holloway, Robin |
| Sérénade en ut op.41 |
| 1943 – |
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| Composition | 1979 |
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| Durée | 24:00 |
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| Maison d’édition | Boosey & Hawkes |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=20RetUw93Hc&list=RD20RetUw93Hc&start_radio=1 |
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| Discographie | Ensemble Nash; Hyperion CDA 66930 (1998) |
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| Wigmore soloists; BIS BIS2547 (2023) |
Après ses études secondaires, Robin Holloway poursuit ses études au King’s College de l’Université
de Cambridge, où il étudie la composition. Dans sa thèse de doctorat intitulée Debussy et Wagner, il
examine la relation entre musique et langage ainsi qu’entre romantisme et tonalité. Il fait ensuite toute
sa carrière comme enseignant à l’université de Cambridge où il gravit les échelons jusqu’à obtenir
le poste de professeur de composition en 2001. Souvent décrit comme un compositeur
néo-romantique, son style a, selon son collègue David Matthews, « été formé par un conflit
productif entre romantisme et modernisme ». L’écriture de cette sérénade commandée par
l’ensemble Nash est pour lui une forme de récréation alors qu’il compose simultanément
son deuxième concerto pour orchestre [35]. Considérée par le compositeur comme un
divertimento néo-classique Schubert-Biedermeier (sic), elle comprend 5 mouvements : une
marche initiale, un premier menuet, un andante central, un second menuet et un finale en
forme de tarentelle. Légère et pleine d’humour, il s’agit d’une musique d’une rare élégance.
| Kaun, Hugo |
| Octuor |
| 1863 – 1932 |
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| Composition | 1891 |
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| Durée | 17:15 |
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| Maison d’édition | Kaun & Blumel Music Co, disponible sur https://imslp.org/wiki/Octet%2C_Op.34_(Kaun%2C_Hugo) |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=hpf76LchlHA&list=RDhpf76LchlHA&start_radio=1 |
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| Discographie | Berolina ensenble; MDG MDG9481937 (2015) |
Né à Berlin, Hugo Kaun y accomplit toute sa formation musicale. En 1886 (ou 1887), il s’établit à
Milwaukee (États-Unis) où résidait une importante communauté allemande. Directeur de chœurs,
puis professeur au Conservatoire de cette ville, il en devient rapidement une personnalité importante
de la vie musicale. En 1902, malgré ses triomphes aux États-Unis, il revient s’établir à Berlin et y
poursuit une carrière d’enseignant. Il a composé des œuvres de divers genres (opéras, musique
symphonique, musique de chambre) dans un style romantique. Son octuor op. 34 (parfois op. 26 car
Kaun révisa son catalogue d’œuvres par la suite) date de sa période états-unienne. D’une
atmosphère assez sombre, il est écrit d’un seul tenant, les diverses sections s’enchaînant sans
interruption.
| Leitermeyer, Fritz |
| Drei studien für Oktett op. 40a |
| 1925 – 2006 |
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| Composition | 1968 |
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| Durée | inconnue |
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| Maison d’édition | Doblinger Musikverlagg |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Né à Vienne, Fritz Leitermeyer reçut ses premières leçons de violon de son père et poursuivit sa
formation avec Franz Mairecker et Willi Boskovsky à l’Académie de musique de Vienne à
partir de 1942. En 1943, il rejoignit l’Orchestre philharmonique de Vienne et l’Orchestre de
l’Opéra national de Vienne, où il devint premier violon en 1946. Ses premières compositions
furent écrites au début des années 1940. De nombreux chefs d’orchestre et solistes de renom
ont défendu les œuvres de Leitermeyer (Herbert von Karajan, Josef Krips, Zubin Mehta,
Ludwig Streicher, entre autres), et il a reçu de nombreux prix et distinctions. « Je compose
simplement parce que tout musicien doté du don de composer est engagé dans ce don et
se doit de composer. Je crois que c’est la seule façon de protéger notre terreau culturel
de l’érosion dont un génie, que l’on espère de demain, a besoin pour s’appuyer [36]. »
Malheureusement, il n’existe aucun enregistrement ni séquence YouTube de cette œuvre.
| Martinon, Jean |
| Octuor varens op. 57 |
| 1910 – 1976 |
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| Composition | 1969 |
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| Durée | 21:00 |
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| Maison d’édition | Billaudot |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Né à Lyon, Jean Martinon y débute sa formation musicale au Conservatoire, et la poursuit au
Conservatoire national de Paris où il étudie le violon, la direction d’orchestre et la composition avec
Vincent d’Indy et Albert Roussel. En 1934, il entame une carrière de violoniste avec de
nombreuses tournées en France et à l’étranger. Prisonnier de guerre pendant deux ans, il
entame une carrière de chef d’orchestre après guerre en étant nommé premier chef de
l’orchestre symphonique de la radio de Dublin, puis chef associé de l’orchestre philharmonique
de Londres et ensuite de nombreux autres orchestres (Concerts Lamoureux, orchestre
philharmoqiue d’Israël, orchestre symphonique de Chicago, orchestre national de l’ORTF).
Parallèlement, il poursuit une carrière de compositeur avec une production importante (4
symphonies, 2 opéras, un oratorio, de la musique pour piano, de la musique de chambre et de
la musique de film). Son octuor varens a été écrit en 1969 pour l’Octuor de Paris, qui en
assura la création. Il n’en existe malheureusement aucun enregistrement, ni séquence
YouTube.
| Müller-Siemens, Detlev |
| Octuor |
| 1957 – |
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| Composition | 1988/1989 |
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| Durée | 20:00 |
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| Maison d’édition | Ars viva verlag |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Né à Hambourg, Detlev Müller-Siemens commence à étudier le piano à 6 ans et commence à
composer. Il étudie le piano, la composition et la théorie à la Musikhochschule de Hambourg dès 1970,
puis étudie avec György Ligeti de 1973 à 1980. De retour à Hambourg après une année passée au
conservatoire de Paris, il étudie la direction d’orchestre avec Christoph von Dohnányi. De 1991 à 2005,
il enseigne d’abord à l’Académie de musique de Bâle puis à l’université de Vienne [37]. Auteur d’un
opéra, d’œuvres pour orchestre et concertantes, ainsi que de musique de chambre, ses compositions
ont remporté plusieurs prix. Plusieurs de ses œuvres ont fait l’objet d’enregistrements mais
malheureusement pas son octuor.
| Poot, Marcel |
| Octuor |
| 1901 – 1988 |
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| Composition | 1948 |
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| Durée | 17:10 |
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| Maison d’édition | Belgium, cop. 1957 |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=qABkEcpov3Y&list=RDqABkEcpov3Y&start_radio=1, 1ER mouvement |
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| Discographie | Winer Oktett; Decca 4842694 (2024) |
Fils du directeur du théâtre flamand de Bruxelles, Marcel Poot fit ses études au Conservatoire de Buxelles, étudiant l’orgue avec Gérard Nauwelaarts et la composition notamment avec Athur De Greef et Paul Gilson. Il se perfectionna ensuite à l’École normale de musique de Paris avec Paul Dukas. En 1925, plusieurs anciens élèves de Gilson et lui forment un groupe de musiciens appelé Les Synthétistes, qui se voulait l’équivalent belge du Groupe des Cinq en Russie et du Groupe des Six en France, en cherchant à dynamiser la vie musicale belge par la composition de solides pièces contemporaines. En 1939, il fut nommé maître de conférences, et plus tard professeur de contrepoint et d’harmonie au Conservatoire de Bruxelles, avant de succéder à Léon Jongen comme directeur en 1949, poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite. Il a également été directeur de la Chapelle musicale Reine Élisabeth et président du jury du Concours musical Reine Élisabeth, pour lequel il composa plusieurs œuvres dont un concert pour piano et orchestre [38]. Son octuor en trois mouvements est une commande du Wiener Oktett, qui le créa et l’enregistra.
| Ridout, Alan |
| Octuor |
| 1934 – 1996 |
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| Composition | 1996 |
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| Durée | 30:00 |
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| Maison d’édition | June Emerson Music |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Alan Ridout commença ses études musicales à la Guildhall School of Music et les poursuivit au
Royal College of Music avec Gordon Jabob et Michael Tippett notamment. Après sa formation, il a
enseigné au Royal College of Music, ainsi qu’aux universités de Birmingham, Cambridge et Londres.
Son style est essentiellement tonal. Ses œuvres comprennent de la musique chorale, orchestrale et de
chambre, souvent destinée à des amateurs et des enfants [39]. Cet octuor, composé peu de temps
avant son décès, est sa dernière composition.
| Schuller, Gunther |
| Octuor |
| 1925 – 2015 |
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| Composition | 1979 |
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| Durée | 34:00 |
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| Maison d’édition | Hal Leonard |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=C4PXwPb3RDs&list=PLdhMVQNpwdKrNmH5H3UW4Hpkcyg867Fey&index=8 |
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| https://www.youtube.com/watch?v=Fb-bSa3vNSg&list=PLdhMVQNpwdKrNmH5H3UW4Hpkcyg867Fey&index=9 |
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| https://www.youtube.com/watch?v=b3FcX1KO0bI&list=PLdhMVQNpwdKrNmH5H3UW4Hpkcyg867Fey&index=10 |
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| https://www.youtube.com/watch?v=zZ0j8MkEDmk&list=PLdhMVQNpwdKrNmH5H3UW4Hpkcyg867Fey&index=11 |
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| Discographie | Chamber music society of Lincoln Center; |
Fils d’un violoniste de l’orchestre philharmonique de New-York, Gunther Schuller reçoit sa formation musicale à la St Thomas Choir School puis à la Manhattan School of Music, où il étudie le cor. Dès 1943, il est engagé à l’orchestre de Cincinnati puis à celui du Metropolitan Opera de New York jusque 1959. Dès la fin des années 40, il commence à composer. Ses œuvres sont influencées par Stravinsky, Schoenberg et Babitt, mais aussi par le jazz. Il joue d’ailleurs dans le nonet de Miles Davis en 1949. À la fin des années 50, il réoriente sa carrière vers la pédagogie, la musicologie, la direction d’orchestre et la composition. Il enseigna à l’école de jazz de Lenox puis dirigea le New England Conservatory (1967 – 1977). Sa production abondante (pas moins de 190 œuvres de genres variés) se caractérise par un grand éclectisme qui l’a conduit à être un peu marginalisé parmi les compositeurs américains contemporains, mais il est connu comme chef de file du Third stream (troisième courant, terme qui d’ailleurs lui est dû), tentative de fusion de la musique savante (« classique ») et du jazz [40]. Voici quelques commentaires du compositeur à propos de son octuor : « En tant que corniste, j’ai eu le plaisir de jouer l’Octuor de Schubert à de nombreuses reprises, et je considère que certaines de ces interprétations de ce chef-d’œuvre immortel ont eu une profonde influence sur ma carrière musicale. Sans surprise, je souhaitais depuis de nombreuses années écrire une œuvre utilisant la même instrumentation que Schubert. Mais ce n’est que lorsque la Chamber Music Society du Lincoln Center m’a demandé de composer une œuvre sur commande que l’occasion idéale de réaliser ce rêve de longue date s’est présentée.
L’œuvre a été [entamée] au printemps 1979 et [terminée] en septembre et début octobre de la même année. Elle est en quatre mouvements, formes dans lesquelles je n’ai pas cherché à innover.
Le premier mouvement débute par un Adagio introductif. Ce bref et subtil salut à Schubert est suivi d’un Allegro vigoroso qui reprend des éléments de formes traditionnelles comme l’exposition, la répétition, le développement et, pour conclure le mouvement, une coda qui revient à l’atmosphère de la lente section d’ouverture, le tout dans un langage chromatique et atonal vigoureux.
Le deuxième mouvement suit le schéma vénérable d’un Thème et Variations, au nombre de neuf. Chaque variation se distingue par des tempos variables, des instruments diVérents jouant le rôle de solistes, ainsi que des textures et des accompagnements contrastés. [. . .]
Le troisième mouvement est un Scherzo « à l’ancienne », avec trois énoncés variés du Scherzo proprement dit, un Trio plus tranquille et un retour au Scherzo, menant cette fois à une fin volontairement chaotique et « frénétique ».
Le dernier mouvement débute par un Molto adagio très paisible, avant d’exploser dans un Vivace
entraînant qui domine tout le mouvement, à l’exception d’un bref retour, juste à la fin, à la tranquillité
initiale [41]. »
| Thieriot, Ferdinand |
| Octuor |
| 1838 – 1919 |
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| Composition | 1893 |
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| Durée | 35:00 |
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| Maison d’édition | J. Rieter-Biedermann, disponible sur https://imslp.org/wiki/Octet%2C_Op.62_(Thieriot%2C_Ferdinand) |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=Vi7RIbAM7Ic&list=RDVi7RIbAM7Ic&start_radio=1 |
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| Discographie | Mithras octet; Arte Nova G010001185245I (1997) |
Né à Hambourg dans une vieille famille huguenote, Ferdinand Thieriot commence l’étude du
violoncelle dès son plus jeune âge, encouragé par son grand-père violoniste amateur. Il étudie la
composition à Altona avec Eduard Marxsen, qui a formé J. Brahms quelques années plus tôt, puis
avec Joseph Rheinberger à Munich. Après sa formation, il travaille successivement à Leipzig, Glogau
puis comme directeur artistique du Musikverein de Styrie à Graz pendant quinze ans, dès octobre
1870. Il avait été recommandé pour ce poste par J. Brahms. Pendant cette période, il enseigne
également l’harmonie à l’école de musique. Il retourne ensuite à Leipzig puis, en 1902, revient
s’installer définitivement à Hambourg. Grandement appréciée de son temps, notamment par J.
Brahms qui était son ami depuis l’adolescence, sa musique est tombée longtemps dans l’oubli,
notamment en raison de la disparition des manuscrits à la fin de la guerre, échoués à Leningrad
jusqu’en 1991. Sa musique de chambre constitue la majeure partie de sa production et est
jugée comme étant ses plus belles compositions. Son octuor en cinq mouvements culmine
dans son mouvement central Adagio - molto mesto qui débute avec une longue phrase au
violoncelle, reprise ensuite par la clarinette avant que le cor n’entame un second motif poignant.
Musique memarquable, elle mérite d’être plus souvent donnée au concert et/ou jouée entre
amis.
| Tischhauser, Franz |
| Octuor |
| 1921 – 2016 |
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| Composition | 1953 |
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| Durée | 15:00 |
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| Maison d’édition | Amadeus Musikverlag |
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| YouTube | néant |
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| Discographie | néant |
Après avoir obtenu son baccalauréat à Saint-Gall, Franz Tischhauser étudie la composition auprès
de Paul Müller-Zürich et le piano au Conservatoire de Zurich. À partir de 1951, il travaille pour Radio
Beromünster (aujourd’hui Radio SRF) au Studio de la Radio de Zurich, où il dirige le département de
musique de 1971 à 1983. Fasciné par Alban Berg dès sa jeunesse, il se révèle comme compositeur
d’œuvres humoristiques en musique tonale, un style qu’il adopte par conviction. « Son octuor en deux
mouvements est un morceau sportif et plein d’entrain, dont la deuxième partie est dans un style
imitant le jazz. D’abord facile et sonnant joliment, il a assez d’esprit pour être amusant. Les audiences
devraient l’adorer [42] ».
| Wellesz, Egon |
| Octuor op. 67 |
| 1885 – 1974 |
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| Composition | 1949 |
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| Durée | 30:00 |
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| Maison d’édition | Doblinger Musikverlag |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=HwuLvV5g_ek&list=RDHwuLvV5g_ek&start_radio=1 |
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| https://www.youtube.com/watch?v=iSEmsf6ORgY&list=RDiSEmsf6ORgY&start_radio=1 |
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| https://www.youtube.com/watch?v=JFL5Ubu9b0o&list=RDJFL5Ubu9b0o&start_radio=1 |
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| https://www.youtube.com/watch?v=pQUAE2rXXHQ&list=RDpQUAE2rXXHQ&start_radio=1 |
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| https://www.youtube.com/watch?v=ZDJTzPcJjm4&list=RDZDJTzPcJjm4&start_radio=1 |
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| Discographie | Wiener Oktett; Decca 4842696 (2024) |
Né à Vienne de parents hongrois d’origine juive, Egon Wellesz étudia d’abord le droit à l’université
de Vienne selon la volonté de son père qui souhaitait le voir reprendre son aVaire dans le textile. Mais
son désir de faire une carrière musicale fut le plus fort. Il avait reçu une excellente formation musicale
dès son plus jeune âge avec les encouragements de sa mère mélomane et pianiste amateur. En 1905, il
suivit des cours d’harmonie et de contrepoint avec Arnold Schoenberg (dont il rédigea la
première biographie, qui fait toujours autorité, en 1921), puis étudia la musicologie avec Guido
Adler [43]. Sa première composition publiée, Quatre impressions pour piano révèle un langage
harmonique proche de Brahms tout en évoquant par son titre une influence de Debussy. Il est
diplômé en musicologie en 1908. En 1913, il est engagé comme enseignant en histoire de la
musique à l’université de Vienne et entreprend une double carrière de musicologue et de
compositeur. Reconnu dans les années 30 comme un des compositeurs d’opéras les plus
importants de sa génération, il fuit l’Autriche au moment de l’Anschluss pour s’établir en
Angleterre, où il entame une nouvelle carrière au Lincoln College de l’université d’Oxford.
Incapable de composer pendant plusieurs années après son émigration, il se remet à la
composition en 1943. « Parmi les premières œuvres écrites en Angleterre, le magnifique
octuor op. 67 est d’une invention typiquement variable et aYche une palette étonnamment
large, allant de la convivialité et de la mélancolie à la contemplation et au deuil [43] ».
| Yun, Isang |
| Octuor |
| 1917 – 1995 |
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| Composition | 1978 |
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| Durée | 17:00 |
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| Maison d’édition | Bote & Bock |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=AYDcg3IE8WQ&list=RDAYDcg3IE8WQ&start_radio=1 |
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| Discographie | Scharoun ensemble; Internationale Isang Yun Gesellschaft IYG 011 (2016) |
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| Octuor Mirae; Herissons LH12 (2015) |
Pour quelques éléments biographiques concernant Isang Yun, voir la section 2.10. « L’octuor à trois voix, commandé par Radio France, illustre parfaitement la technique sonore principale développée par Isang Yun en hommage à la musique de cour sino-coréenne millénaire. Orientée vers la dimension horizontale de la composition, cette technique produit des séquences amples et fluides, rythmées par la respiration. La conception sonore est caractérisée par des processus de transformation taoïstes [44] ».