3.1 Clarinette, basson, cor, violon, 2 altos, violoncelle & contrebasse

Hindemith, Paul

Octuor

   1895 – 1963

Composition

1957-1958

Durée

25:00

Maison d’édition

Schott

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=b4I82e9b8yU

Discographie

Wiener Oktett; Decca 4842705 (2024)

(sélection)

Quartetto StauVer, Arnold Quintet; Stradivarius STR33435SD (1996)

Stefanie Przybylska et al.; Sony SMK46250 (1990)

Berliner solisten; Apex 0927443952 (2002)

Né en 1895, Paul Hindemith manifeste très tôt des dons exceptionnels pour la musique en pratiquant dès son jeune âge violon, alto, clarinette et piano  [20]. Âgé d’à peine vingt ans, il est premier violon à l’opéra de Frankfort, et en devient Konzertmeister trois mois plus tard. Il entame en parallèle une carrière de compositeur. Il fonde le quatuor Amar, dont il est l’altiste, qui crée son troisième quatuor à cordes en 1922, lui valant d’être reconnu comme un compositeur important  [21]. En 1927, il est nommé professeur de composition à la Musikhochschule de Berlin. Ses activités de pédagogue le mèneront à publier un traité de composition (Unterweisung in Tonsatz) en 1937. C’est à cette époque qu’il compose son chef d’œuvre, l’opéra Mathis der Mahler inspiré par le retable d’Issenheim à Colmar peint par Mathis Grünewald. En 1938, il quitte l’Allemagne et s’établit à Zürich avant d’émigrer aux États-Unis en 1940 pour enseigner la composition à l’université Yale. Après la guerre, il partage son temps entre l’université Yale et l’université de Zürich où il est nommé professeur de musicologie en 1951.

Il compose son octuor à la fin de sa vie, pour une formation légèrement diVérente de celle de l’octuor classique (section 3.2) par la présence de deux altos et un violon, ce qui lui confère des teintes plus sombres. Il est composé de cinq mouvements. Le premier mouvement s’ouvre sur une introduction lente aux rythmes pointés d’Ouverture à la française suivie d’un Modérément animé contrapuntique et concertant à la fois. Le deuxième mouvement intitulé Variantes faisant fonction de premier Scherzo, très bref, se présente sous la forme d’un thème repris sept fois par divers instruments. Ensuite vient un grand mouvement Lent en si bémol majeur qui allie une expression romantique et un contrepoint particulièrement savant. Le deuxième Scherzo, tout aussi bref que le premier, reprend les thèmes et la forme du deuxième mouvement du Quatuor op. 130 de Beethoven. L’œuvre se conclut par un Finale intitulé Fugue et trois danses démodées, un titre qui illustre l’humour pince-sans-rire de Hindemith. Le thème de la fugue, apparenté à celui du premier mouvement, est développé avec toute la science contrapuntique du compositeur puis métamorphosé sous la forme d’une valse, d’une polka, et enfin d’un galop final.