| Juon, Paul |
| Kammersinfonie |
| 1872 – 1940 |
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| Composition | 1905 |
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| Durée | 32:00 |
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| Maison d’édition | Schlesinger (Lienau), disponible sur https://imslp.org/wiki/Kammersinfonie%2C_Op.27_(Juon%2C_Paul) |
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| YouTube | https://www.youtube.com/watch?v=oJU-Wlp2YTM&list=RDoJU-Wlp2YTM&start_radio=1 |
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| Discographie | Solistes du Tonhalle-Orchesters Zürich; Musiques suisses 5582873 (2006) |
Né à Moscou de parents d’origine suisse, Paul Juon commence ses études musicales au conservatoire de Moscou en 1889, où il étudie la composition avec Anton Arenski et Sergueï Taneïev. Il les poursuit à la Hochschule für Musik à Berlin avec W. Bargiel. Il reçoit le prix Mendelssohn de composition en 1896. Il fait l’essentiel de sa carrière à Berlin. En 1906, il est nommé à la chaire de composition de Hochschule für Musik par J. Joachim, où il reste professeur jusque 1934. Très apprécié pendant les années 1920, il obtient le prix Beethoven en 1929 (avec J. Haas). En 1934, en désaccord avec les autorités nazies, il demande sa retraite anticipée (qu’elles refusent de lui verser) et rejoint une partie de sa famille à Vevey (Suisse), où il vit ses dernières années. Auteur d’une œuvre abondante (symphonique, concertante, pour piano, musique de chambre), il est aussi connu pour avoir orchestré la quatrième des Danses hongroises de Brahms.
« L’Octuor date de 1905. Dans cette œuvre, Juon a largement délaissé son héritage russe. Dès les premières mesures du premier mouvement, Allegro non troppo, on découvre un compositeur véritablement pionnier. On a dit de Juon qu’il était le chaînon manquant entre Brahms et Stravinsky. Et si tel est le cas, ce mouvement illustre bien cette aYrmation. Les thèmes sont entièrement tonaux, tout en conservant une touche de modernité. Juon a même délaissé le romantisme post-brahmsien pour s’orienter vers une sonorité légère, néoclassique, presque française. Le deuxième mouvement, Andante elegiaco, débute par un charmant solo de violoncelle. Il est triste, parfois nostalgique, mais sans tragédie. Tandis que les autres se joignent à lui, l’atmosphère reste la même, méditative et feutrée. Le merveilleux troisième mouvement, Allegro non troppo quasi moderato, déborde d’une énergie frénétique, portée par les notes fluides du piano, sans pour autant évoquer un véritable scherzo. Le thème principal est vaguement oriental. Le finale, Moderato, débute par une introduction majestueuse du thème, interprétée par le piano seul. Si le piano préserve la dignité de la musique, les autres parties s’articulent habilement autour de lui, créant de merveilleux épisodes aux couleurs sonores riches et inhabituelles [48]. »