2.1 Clarinette, basson, trompette, trombone, violon, contrebasse & percussions

Connesson, Guillaume

Deux images antiques

   1970 –

Composition

1996

Durée

15:00

Maison d’édition

Éditions Billaudot

YouTube

néant, extrait sur https://www.guillaumeconnesson.net/musiquedechambre

Discographie

néant

Composées en 1995 pour la même formation que l’Histoire du soldat de Stravinsky, « ces Deux Images Antiques se présentent comme un diptyque très contrasté. Le premier mouvement Otium évoque cette notion typiquement romaine du « repos philosophique », de l’éloignement de la vie publique pour s’adonner à la méditation, bien loin de l’idée moderne de « vacances ». Les textures vaporeuses et les cuivres jouant en coulisse construisent une architecture calme reposant sur un motif aux chromatismes retournés. J’ai voulu, comme une gageure, tirer de cet instrumentarium des couleurs quasi-impressionnistes, très éloignées de son modèle stravinskien! Le deuxième mouvement, Les musiciens ambulants, s’inspire d’une mosaïque de la Villa de Cicéron à Pompéi représentant des joueurs de tambourin, cymbales et flûte double. C’est un morceau d’un caractère festif, aux rythmes motoriques, une sorte de Bacchanale des rues. Des motifs courts se répondent, un chorus - presque jazz – de basson et un violon à l’obstination stravinskienne se déploient, pour finir par un grand tutti aux rythmes contrariés. »  [12]. Malheureusement, le matériel n’est disponible qu’en location.

Stravinsky, Igor

L’histoire du soldat

   1882 – 1971

Composition

1917

Durée

27:00

Maison d’édition

J. & W. Chester, Ltd.

YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=MDHGBK4NWTw

Discographie (sélection)

Royal Scottish National Orchestra; Chandos CHAN10193X (2004)

Twentieth Century Classics Ensemble; Naxos 8557505 (2007)

Membres du Cleveland orchestra; Deutsche Grammophon E4711972 (2001)

Los Angeles Chamber Orchestra; Delos DE3021 (1984)

Fils d’un chanteur des Théâtres impériaux, Igor Stravinsky commença l’étude du piano ainsi que de la composition à neuf ans  [13]. Condisciple du fils de Rimsky-Korsakov à l’université, il prit des leçons de composition auprès de ce dernier, qui le prit sous son aile. Le tournant de sa carrière est la rencontre avec Serge Diaghilev, patron des Ballets Russes, pour lesquels il compose coup sur coup trois chefs d’œuvre (L’oiseau de feu, Petrouchka et Le Sacre du Printemps (1910–1913) qui le consacrent comme l’un des maîtres de l’avant-garde. Pendant la Grande Guerre, qu’il passe en Suisse, il commence à composer des œuvres pour eVectifs réduits, dont l’Histoire du soldat. Tout en reprenant la composition d’œuvres pour grands eVectifs (ballets, opéras, œuvres orchestrales), il continue à composer de la musique de chambre pendant l’entre-deux-guerres, notamment de nombreuses pièces por violon et piano). Il n’y revient ensuite que pour le Septuor (1953), qui ouvre sa période sérielle et dont il sera question à la section suivante.

Composée initialement comme musique de scène pour un mélodrame de Charles-Ferdinand Ramuz pour trois récitants et sept instrumentistes, Stravinsky en a ensuite tiré une suite pour piano, violon et clarinette (1919), puis une suite de concert pour l’instrumentation originale (1920). L’argumentation reprend un vieux conte russe compilé par Alexandre Afanasiev : un soldat pauvre vend son âme (représentée par le violon) au Diable contre un livre qui permet de prédire l’avenir. Après moult péripéties, l’œuvre (en 9 mouvements) se termine par le triomphe du démon dans une marche sarcastique. Intégrant diverses influences (danses telles que le paso doble, le tango, la valse et le ragtime, mais aussi la musique de Bach dans les deux chorals), l’œuvre est considérée comme un chef d’œuvre de la musique du xxE siècle.