Comme je suis bassoniste et mon épouse contrebassiste, voici quelques années, je me suis mis à chercher des œuvres de musique de chambre comprenant une contrebasse et un basson que nous pourrions jouer ensemble. La plupart des musiciens connaissent le septuor de Beethoven et l’octuor de Schubert, voire le nonuor1 de Spohr, mais le reste du répertoire pour ensembles mixtes (cordes et vents sans ou avec piano) est largement méconnu. On peut citer à cet égard Jean Françaix qui dédie son octuor composé en 1972 pour l’octuor de Vienne fondé par Willy Boskowsky « à la mémoire de Franz Schubert » tout en ajoutant avec son humour caractéristique « composé à la demande de Willy Boskowsky dont l’ensemble avait besoin d’un complément de programme » [3], comme s’il n’existait aucune autre œuvre pour cette formation.
En 2007, Andrew L. de Alvaré a consacré son mémoire de Master à l’Université du Nebraska à Lincoln à la musique romantique pour septuors, octuors et nonuors [4] qui analyse une grande partie du répertoire écrit entre 1800 (date de la composition du septuor de Beethoven, que l’on peut considérer comme le point de départ de ce genre musical même s’il prend pour modèle le divertimento de l’époque classique comme le souligne de Alvaré) et 1875, et présente le contexte culturel de composition de ces œuvres.
C’est pourquoi j’ai choisi de consacrer ce travail au répertoire pour ensembles mixtes composé depuis 1875 environ. Plutôt que procéder à l’analyse de quelques œuvres en en détaillant le contexte culturel à l’instar de de Alvaré, j’ai opté pour écrire un ouvrage qui puisse servir de guide pratique de référence pour tous ceux et celles (musiciens, chefs et enseignants) qui doivent trouver de la littérature de musique de chambre pour une instrumentation spécifique, à l’instar de l’ouvrage de Rodney Winther [5] consacré à la musique de chambre pour instruments à vent. Je suis pour l’essentiel l’organisation de ce dernier ouvrage, à savoir par taille de formation (quintettes et sextuors, septuors, octuors, nonuors, dixtuors, puis, à l’intérieur de chaque taille de formation, je regroupe les œuvres par instrumentation. Pour chaque taille de formation, il y a généralement une instrumentation dominante, p. ex. quatuor à cordes, contrebasse, clarinette, cor et basson pour les octuors, mais il existe de nombreuses variantes, surtout pour les œuvres avec piano. Je n’inclus que des œuvres comprenant au moins 2 instruments à cordes et 2 instruments à vent, ce qui exclut tous les quintettes pour un instrument à vent et quatuor ou quintette à cordes. Pour chaque œuvre sont mentionnés la maison d’édition ainsi qu’une séquence YouTube et les enregistrements lorsqu’ils sont disponibles. En aucune manière, cet ouvrage ne prétend à l’exhaustivité et, comme le remarque R. Winther [5], je suis bien conscient que ce « guide » deviendra obsolète sitôt qu’il sera publié car d’une part de nouvelles compositions verront le jour, qui devront y être ajoutées, et d’autre part, d’anciennes compositions tombées dans l’oubli seront redécouvertes, et enfin de nouveaux enregistrements paraîtront également.